Victoria 3 – Les concepts de la guerre

Bien le bonjour et bienvenu pour un nouveau carnet de développement sur Victoria 3 ! Notre sujet d’aujourd’hui s’est longuement fait attendre et a été source de spéculations depuis l’annonce du jeu. Les développeurs sont enfin prêt à parler des systèmes entourant la guerre et les combats pour Victoria 3.
Alors, comment est-ce que les combats et la guerre fonctionnent ? La réponse est qu’une nouvelle approche a été entreprise pour concevoir la guerre et les combats dans Victoria 3 en comparaison aux autres jeux de grande stratégie made in Paradox. Ce carnet décrira la vision globale gouvernant la nouvelle conceptualisation de la guerre. Les détails pratiques des mécaniques interviendront dans un second temps sur les prochaines semaines. A l’instar du jeu lui-même ayant un ensemble de piliers régissant l’esprit et la nature des mécaniques du jeu – tel qu’il a été décrit dans le tout premier carnet -, la guerre dans Victoria 3 a ses propres piliers de concepts qui seront explicités un à un.

Le premier pilier est un pilier partagé avec la vision du jeu dans son ensemble : La guerre est la continuation de la diplomatie - tout ce que vous pouvez gagner par la guerre devrait également pouvoir être gagné par la diplomatie. Comme il a déjà été mentionné à plusieurs reprises par le passé, et que le dernier carnet sur les jeux diplomatiques a explicité. Sans revenir dessus, il est important de le garder à l'esprit pour comprendre cette approche de la guerre.


Le deuxième pilier : La guerre est stratégique, on ne peut être plus explicite. Dans Victoria 3, toutes les décisions que vous prenez concernant la guerre se situent au niveau stratégique, et non tactique. Cela signifie que vous ne déplacez pas d'unités directement sur la carte, et que vous ne prenez pas de décisions concernant les unités qui doivent engager la bataille à tel ou tel endroit. Au lieu d'être fondée sur des unités dans une province, la guerre dans Victoria 3 se concentre sur le ravitaillement et l'allocation de troupes aux lignes de front entre vous et vos ennemis. Les décisions que vous prenez pendant la guerre portent sur des questions telles que le front sur lequel vous envoyez vos généraux et la stratégie globale qu'ils doivent y suivre. Si cela vous semble être un écart radical par rapport à la norme des jeux de rôle de Paradox, c'est parce que c'est le cas. Les raisons derrière ces changements seront étudiées en fin de ce carnet.


Letroisième pilier : La guerre a son prix. Cela touche au le coût de la guerre : politique, économique et humain. Il n'y a pas de guerre sans effusion de sang dans Victoria 3, car le simple fait de mobiliser votre armée va immédiatement lancer l’accumulation de pertes dues aux accidents et aux maladies -qui étaient et restent les plus grands tueurs d'hommes pendant la guerre, et non les batailles. En plus d'être un immense fardeau financier pour votre pays, les soldats et les conscrits qui meurent pendant la guerre laissent derrière eux des enfants et des veuves. Ces soldats peuvent devenir eux-mêmes des charges à la suite de blessures subies pendant votre quête de gloire nationale.


Le quatrième pilier, la préparation est la clef. Ce pilier est étroitement lié aux deuxième et troisième piliers. La plupart des décisions stratégiques de Victoria 3 qui vous permettront de gagner des guerres dépendent de votre préparation. Par exemple : Avez-vous promu les généraux les plus compétents, ou avez-vous été contraint de promouvoir un bon à rien incompétent par opportunisme politique ? Avez-vous investi dans les meilleurs - mais très coûteux - fusils pour vos soldats, ou êtes-vous obligé de combattre avec un désavantage technologique ? Pendant le jeu diplomatique précédant la guerre, avez-vous mobilisé toutes vos armées à temps et supporté les coûts en hommes et en matériel, ou avez-vous attendu en espérant une résolution pacifique, ou au moins que le conflit se termine par une guerre localisée ? Avez-vous choisi de construire et de subventionner une industrie de l'armement suffisamment importante pour couvrir vos besoins en temps de guerre, ou votre armée dépend-elle de l'importation d'armes qui peuvent être vulnérables aux perturbations navales par l’ennemi ? Voilà le genre de questions qui peuvent décider qui a le véritable avantage lorsqu'il s'agit d'entrer dans un conflit armé dans Victoria 3.


Le cinquième pilier : la marine est importante. C’est une ambition propre au jeu car pour de nombreuses nations, la marine doit aussi avoir un rôle essentiel, autant que les armées. En plus de soutenir ou d'entraver les expéditions à l'étranger - en coupant, par exemple, les lignes d'approvisionnement ennemies -, les marines jouent un rôle crucial dans la conduite de la guerre économique, car un pays dont l'économie - ou pire, l'approvisionnement en biens militaires - dépend du commerce sera vulnérable aux actions de marines hostiles.


Le sixième et dernier pilier : la guerre évolue. Le XIXe siècle est un siècle de révolutions technologiques et dans les arts militaires : des manœuvres et tactiques post-napoléoniennes aux boucheries de la Grande Guerre. L’ambition des développeurs est de faire en sorte que ces changements se ressentent dans le déroulement d’une campagne sur Victoria 3, car des technologies telles que la mitrailleuse rend la guerre plus sanglante et plus coûteuse, tandis que les progrès de la technologie navale permettent aux pays dotés d'une marine avancée de projeter plus facilement leur puissance globale.


Avant de conclure ce carnet, il parait essentiel d’expliciter brièvement cette rupture radicale des autres jeux de grande stratégie Paradox. Avec l’absence d’unités à déplacer sur la carte et pourquoi l’équipe cherche à suivre cette direction. La principale raison est tout simplement que Victoria 3 est un jeu essentiellement focalisé sur l’économie, la diplomatie et la politique. Une approche plus stratégique des mécaniques concernant la guerre s’impose d’elle-même et convient davantage au jeu que de la micro-gestion intensive et tactique.

Il est important de noter que ce fonctionnement diffère complètement de celui des unités contrôlées par l'IA dans les autres jeux de grande stratégique, puisque dans les armées de Victoria 3, le joueur assige des armées à des fronts plutôt qu'à des provinces - les marines fonctionnent bien sûr différemment, mais cela sera exploré plus tard. Les développeurs entreront dans les détails exacts des mécaniques derrière le fonctionnement des armées et des marines dans les semaines à venir.

Les développeurs ont toujours à cœur à ce que Victoria 3 ait des mécanismes de guerre intéressants et singuliers, mais il est aussi important que le joueur s'engage à un niveau de décision plus élevé, qu'il prenne des décisions sur la stratégie de guerre dans sa globalité et qu'il décide combien il est prêt à sacrifier pour atteindre ses objectifs plutôt que de décider quels bataillons exacts devraient s'affronter dans quelle province exacte.

Ces concepts sont entre autres liés au lourd tribut que laisse la guerre aux nations et populations ainsi que le fait que le joueur est toujours capable d’atteindre ses objectifs par la diplomatie. Une diplomatie astucieuse, une logistique rondement planifiée et une pensée stratégique rationnelle doivent être les moyens par lesquels un joueur dans Victoria 3 surclasse brillamment et triomphe sur ses adversaires – et non pas seulement par les brillantes qualités de généraux. En définitive, ces décisions furent adoptés pour les mêmes raisons qui conduisirent à prendre toute décision de conception du jeu : parce ce que les développeurs veulent faire ce nouvel opus un meilleur jeu.

Ceci étant dit, c’est tout pour ce carnet ! Les prochains carnets permettent de présenter plus en détail le fonctionnement de la guerre, en commençant pour le premier dans la liste sur le sujet des lignes de front et des généraux.



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Auteur : Martin Anward « Wiz »
Traducteur/Rédacteur : Limse