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  • [Récit] AAR Byzantin Crusader Kings II (mod HIP)

    Invictus Maneo





    Genèse :

    Cet AAR est issu d'une partie (toujours en cours) que j'effectue sur le mod Historical Immersion Project (infos et téléchargement ici), d'habitude, je délaisse mes parties assez vite en solo, par manque d'intérêt principalement, mais je dois avouer que sur ce mod et avec le développement de la partie, je pense qu'il y a de bonnes choses à raconter.

    J'ai commencé cette partie sur le scénario "The Old Gods" (départ de 867) et à l'heure où j'écris ces lignes, je suis en 1015 ap. J-C. Un laps de temps assez long pour pouvoir raconter dans les grandes lignes ce qu'il s'est passé et prendre cette date de 1015 comme "point de départ" de cette histoire fictive byzantine.

    Cette partie n'est pas en Iron Man, tout simplement parce que je ne pensais pas en faire une AAR, et aussi parce que ce n'est pas un mod de jeu que j'ai l'habitude de lancer. Néanmoins, je n'ai pas "cheaté", je n'ai utilisé la console que pour les commandes "charinfo" et "play" pour switcher quelques fois entre les personnages pour des tests.

    Ce n'est clairement pas un tutorial pour relever l'Empire Byzantin, ni une pub pour un mod mais bien une histoire a-historique du monde.



    Dynastie et situation de départ :

    Pour débuter cette partie, j'ai créé un personnage et donc une nouvelle dynastie, les "Martinakios" avec pour emblème une tête de lion. J'ai débuté la partie donc avec 1 personnage et non marié, mon objectif était de faire de ce premier personnage une figure quasi-mythique qui servirait de modèle pour ses descendants (comme Gengis Khan, Charlemagne ou encore Ragnar Lothbrok). Grâce au mod, je pouvais donc mettre n'importe quel trait sans avoir à me soucier de la limite d'âge, en effet, tous les traits rajoutaient "0" en âge.

    Et comme un gamin, j'ai mis un peu de tout :





    Pas besoin d'une liste, l'image est assez éloquente je pense.

    Autant dire que ses fils auront une figure paternelle assez imposante. D'ailleurs, c'est un trait de famille que d'être imposant et grand chez les Martinakios, la dynastie des "grands" était donc fondée.

    Avoir un leader aussi divin (cheaté) n'est qu'une pierre dans la fondation d'un nouvel Empire Romain. Oui, car s'il est clair que cet AAR est né par hasard, j'avais néanmoins quelques idées sur mes objectifs de long terme. Pour les Byzantins, le jeu nous aiguille plutôt bien, les deux principales décisions sont : "Mettre fin au Grand Schisme" et "Rétablir l'Empire romain", tout un programme !

    Challenge accepted.

    L'Empire Byzantin en 867 n'est pas moribond, mais il n'est pas imposant. Il peut s'appuyer sur son titre, un Empire fait gagner pas mal de prestige et les annexions de petits états (comtés et duchés) sont plus aisées. Mais si le divorce entre l'Église catholique et orthodoxe n'est pas encore définitif (1054 historiquement), il y a tout de même pas mal de différences. Dans les faits, étant orthodoxe, l'annexion par vassalisation diplomatique est rare, les Russes n'étant même pas encore convertis à la foi orthodoxe à cette époque.

    Si les arabes ne sont pas unis, cela ne saurait tarder, le Califat Abbasid commence à prendre de l'ampleur alors que l'Empire Byzantin prend le chemin inverse, à nous renverser la vapeur.



    Mais ce ne sont pas les musulmans qui m'effraient le plus, ce qui m'effraie, c'est le royaume orthodoxe de Bulgarie dont le roi veut se faire couronner empereur. Deux empereurs peuvent-ils cohabiter l'un à côté de l'autre, même s'ils sont de la même confession ? L'histoire est pessimiste et ne va pas me faire mentir dans le cas présent.



    Pour être capable de faire face à la montée en puissance du Califat, il va falloir affronter les siens... Quand on vous dit que Byzance est une cause perdue, j'ai presque envie de répondre : oui. En plus de ça, on commence en guerre, contre le Sultan El Banu de Tunisie qui a lancé une guerre sainte pour nous chasser de Sicile et de Malte (oui, il y a beaucoup plus de provinces indépendantes dans ce mod). Mais Constantinople, le phare du monde ne se laissera pas faire.



    L'aigle déploie ses ailes


    Il est difficile d'être précis sur les évènements vus le caractère semi-mythique de cet empereur byzantin (le mec qui se rattrape comme il peut), mais ce qui est sûr, c'est qu'avec toutes ses forces, l'empereur Egregoros a embarqué pour la Sicile. Auparavant il fit replier tous les vivres et le maximum de population de Syracuse, le Sultan découvrant une ville quasi-déserte, décida de partir pour la Calabre sur la botte Italienne, ce fut une grave erreur.

    Au-delà du détroit, l'attendait plus de 10 000 hommes et cavaliers et leur commandant légendaire (à 46 de martial OKLM). L'armée du Sultan fut annihilée et dans la foulée, l'empereur byzantin repoussa les musulmans de Sicile, c'était la fin des prétentions Zagna et Badawi (ethnies tunisiennes) sur l'Italie.

    Profitant des revendications impériales, Egregoros chassa les émirats de Crète et de Chypre (les territoires étaient encore chrétiens). Mais l'Empire n'était pas encore assez fort pour battre son rival Bulgare (oui, il levait plus de troupes !), c'est pourquoi il entreprit de conquérir l'Anatolie et la Cilicie orientale pour se rapprocher le plus possible du lieu saint d'Antioche, l'orthodoxie naissante ayant besoin d'affirmer sa légitimité.

    Ne pouvant attaquer frontalement la Bulgarie, l'Empire Byzantin opta pour une tactique d'isolement politique, rayant de la carte le duché de Raska, ou encore en favorisant les incursions Tengri en Hongrie et étendant sa sphère d'influence en Crimée.

    Mais même parce que les personnages cheatées doivent mourir, il fallait, à la mort d'Egregoros, consolider la position de l'empereur dans le monde politique interne à l'empire. En effet si Egregoros avait augmenté le pouvoir de la couronne et restauré les Thèmes (système de découpage régional), encore fallait-il résister aux nombreuses factions qui allaient demander une "révision" des réformes avec la disparition du "père fondateur".

    Même si les révoltes furent violentes, le Basileus Petrona, fils d'Egregoros fut à même de matter les rebelles et après 20 ans de guerres civiles, déclara que le pouvoir de la couronne était sans égal et que : "du plus haut château ou plus petit brin d'herbe, la terre byzantine est mienne" (réforme de la couronne absolue en fait).




    L'empereur Petronas, posey dans son canapay




    Le chantier, commencé par son père, pouvait reprendre. Cette fois-ci, l'empire Byzantin pouvait compter sur autre chose que sa ferveur pour triompher, sa manne financière. En effet, avec la mise en place d'un pouvoir impériale absolu, Petronas reforma les Thèmes de telle sorte qu'à la mort de chaque vice-roi, le titre de ce dernier n'était plus héréditaire, mais vendu aux enchères. Ces nouveaux impôts et les quantités d'or amassés par la couronne permirent au domaine impérial (en Thrace, Macédoine et Nicée) de se développer et d'augmenter drastiquement leur population.

    Petronas mit tout particulièrement l'accent sur le développement de nouveaux "bourgs fortifiés", véritables nœuds commerciaux, ces bourgs s'occupaient d'accueillir les nouveaux habitants, permettant le développement d'un artisanat plutôt que la simple exploitation agraire.




    Les Thèmes depuis Petronas



    Au niveau de l'armée, il fit construire sur tout le domaine impérial des terrains d'entraînement cataphractaires, de véritables outils de propagande, de développement technologique et surtout, la constitution d'une armée répondant à l'Empereur et uniquement à lui, Petronas jugeant que l'erreur majeur de son défunt cousin romain était d'avoir implosé avec les guerres civiles liées à l'allégeance des légions aux généraux plutôt qu'à Rome.

    Là où le Sénat interdisait que les légions ne pénètrent dans Rome, Petronas mit en place une culture de la guerre sans précédent. En effet, outre les cataphractes, la présence militaire était omniprésente dans le domaine impérial.

    L'empereur avait réussi à mettre en place un pouvoir central qui ne craignait plus les révoltes, tant sa capacité monétaire et militaire était développée. Le domaine impérial ne pouvait plus suffoquer, il était la main qui serre le cou des traitres.




    Catalogue Las Redoutas de l'armée Byzantine datant de 950 ap. J-C



    Dans le prochain épisode (parce que j'en ai marre d'écrire aussi) :


    -Sécurisation des frontières de l'Empire

    -Conquête de la terre sainte

    -Menace Asatru (Vikings)
    Dernière modification par GregFR, 14-06-2015, 20h25.

  • #2
    Woooh vraiment passionant ton récit j'attends la suite

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    • #3
      Ouais, c'est sympa, les tableaux déchirent. Tu racontes vraiment pas ce qu'il apporte de plus ce mod, mais c'est pas important. Vivement la mecque, quelque chose me dit que l'état islamique va prendre cher.

      Commentaire


      • #4
        Morior Invictus




        Kallinikos, fils de Petronas, s'éveilla brusquement, il entendait des cris et bruit de lames s'entrechoquant au loin, il se leva, prit sa toge et accouru sur le balcon principal à l'étage. Il voyait sa chère Constantinople en flamme, les citoyens poursuivit dans les rues par des monstres à cornes, des navires à tête de dragons crachant des flammes, transformant le Bosphore en fournaise infernale... Sur la rivière Lycus, une armée violette sortait des eaux, avec un étendard impérial, au fur et à mesure qu'ils s'approchaient, Kallinikos distinguait une lueur blanche émanant des soldats, ils étaient tous entrain de sourire, le soleil se reflétant dans ce miroir grotesque.

        Il voyait sa ville partir dans les abysses, impuissant depuis son balcon, il pleurait en demandant "POURQUOI ?!"... À ce moment, la porte du palais fut brisée dans un fracas qui le fit sursauter, il était donc piégé sur son balcon, impuissant et condamné à mourir.

        Mais un bruit désagréable, lui donnant la nausée venait de derrière lui, c'était son père, Petronas "le Juste", assis à sa table, un couteau dans une main, de la nourriture dans l'autre, malaxant la chaire d'une viscosité répugnante. Petronas était là, assis, en train de regarder le désastre, souriant et parfois s'esclaffant, laissant échapper des morceaux de volailles de sa bouche toujours trop pleine.


        "Mais que faites vous père ?!" S'écria Kallinikos, aucune réponse. Le bruit des mastications devenait de plus en plus fort, couvrant les cris et les combats, devenant insupportable. Se bouchant les oreilles de toutes ses forces et fermant ses yeux, l'héritier tomba à genoux. La porte du balcon explosa, gardant ses yeux fermés, Kallinikos sentit une pointe dans son dos, puis ses entrailles se déchirants dans une douleur insupportable. Quand il rouvrit ses yeux, une lame avait traversé son bas-ventre, puis plus rien, le noir complet.

        Kallinikos était dans l'obscurité, cherchant désespérément de la lumière, il cria pour de l'aide. Une servante entra dans sa chambre avec trois gardes. Les bougies de sa chambre avaient été éteintes par un courant d'air. Il n'était donc pas condamné au néant éternel mais seulement victime d'un terrible cauchemar. Des jours durant, ce cauchemar l'empêcha de vivre, et il partit dans la campagne de Thrace à la rencontre de sa sœur Garyphallia, une mystique dont on disait que sa folie la conduisit à assassiner plusieurs membres de sa famille, l'empereur Petronas préférant l'isoler dans une maison que de la traduire en justice, ce qui aurait pu déshonorer la famille.

        Garyphallia lui révéla que ce n'était pas un cauchemar comme les autres, les monstres à cornes sur leurs montures dragonesques n'était d'autre que les fameux Vikings qui commençaient à harceler les côtes de Thrace et de Nicée. L'armée violette était les Bulgares que Petronas refusait d'affronter, et ce, malgré les différentes incursions et colonies bulgares qui s'étaient installées entre la Dalmatie et la Grèce. Le déjà trentenaire Kallinikos poussait effectivement son vieux père de 73 ans à réagir.

        Mais depuis la mort de sa femme, Petronas s'enfermait jour et nuit dans la salle du trône, se faisant apporter de la nourriture sans cesse, il avait pris 30 kilos en 1 ans et les apothicaires étaient très pessimistes à son sujet.




        La défunte impératrice Tourmarchissa (non ce n'est pas une blague)
        nb : on comprend pourquoi il était malheureux le vieux



        À son retour à Constantinople, Kallinikos apprit que son père était mort se le trône, le ventre ouvert, ses viscères s'étalant jusqu'en bas des marches. Le bruit de cette mort se propagea assez vite dans le domaine impériale puis dans tout l'Empire réveillant les vieux complots visant à affaiblir le pouvoir de la couronne.

        Ce n'était pas tout, les fameux "Viks" avaient formé un gigantesque royaume de Kiev qui venait d'atteindre la mère Noire, menaçant les comptoirs de Crimée et toute les côtes de Trébizonde, Anatolie, Thrace et Nicée.

        Les Bulgares quant à eux s'étaient alliés avec les états croates Hrvatski et avaient levé une gigantesque armée (entre 50 et 60 000 hommes) pour marcher sur Constantinople.

        De l'autre côté, les Abbassides avaient réuni tous les musulmans de Médine aux frontières de la Perse. Désireux de protéger à tout prix, Constantinople, le "phare du monde", l'empereur Kallinikos fit lever 60 000 hommes à travers tout l'Empire pour les rassembler en Thrace.

        Après un long voyage en bateau les troupes de Sicile, Dalmatie et Italiennes enfin arrivée, l'empereur prit lui-même la tête de l'armée et marcha sur la capitale Bulgare. Le roi -qui voulait devenir empereur- Bulgare marchait lui vers Constantinople et les deux hommes se rencontrèrent à Sredets, entre deux cols de montagne, dans une région boisée avec une rivière séparant les deux armées.




        L'armée Byzantine (à gauche) faisant face à l'armée Bulgare (à droite -pour ceux qui n'ont pas compris), on peut voir que les Bulgares ont bouffés tout le budget dans l'armure du roi (complexe ?), alors que les Byzantins ont tous la classe.


        L'armée byzantine possédait beaucoup plus d'infanteries lourdes et de cavalerie lourde que leur ennemi bulgare qui eux s'appuyaient sur force à pied plus légère avec des archers et des piquiers ainsi qu'une cavalerie plus légère et mobile. Les combats s'étalèrent sur une semaine, mais le premier affrontement, et le plus important se déroula donc à Sredets (ci-dessus), et l'armée bulgare fut décimée une fois les légionnaires et cataphractes arrivés au contact (75% de warscore après la bataille). Le conflit permit à l'empire de récupérer le duché de Dürres (voir le screens des Thèmes) et de permettre une voie terrestre entre la Dalmatie et la Grèce (voir screen de départ AAR épisode 1).

        Les Bulgares n'ont jamais pu refaire surface après cette défaite, il suffisait pour les byzantins de grappiller les territoires un à un jusqu'à ce que la couronne du royaume de Bulgarie puisse être revendiquée par l'empereur byzantin, morcelant définitivement le reste du territoire bulgare (de Tarnovo jusqu'en Crimée en passant par toute la frontière avec la nouvelle Hongrie), de nombreux Etats firent surface comme les royaumes de Valachie et de Moldavie est les principautés de Bosnie et de Bononia, qui furent tout intégrées à l'empire dans les 30 ans qui suivit la terrible défaite de Sredets.

        Dans le même temps (entre deux trêves), Kallinikos entreprit une chevauchée à travers le Levant, son objectif premier était de récupérer Antioche là où Egregoros Ier avait échoué et de descendre jusque Al-Quods (Jérusalem).



        Troupes Abbassides énervées après un coup de soleil



        La première guerre contre les Abbassides fut brève mais efficace, ces premiers étant occupés à matter des révoltes et en guerre contre le Sultanat d'Egypte ne put contrer l'avancée rapide des 30 000 byzantins qui stoppèrent leur avancée à Nazareth à seulement 150km de la ville sainte de Jérusalem. En, effet les musulmans avaient mit leurs différents de côté et les hommes de Kallinikos étaient trop épuisés pour se frotter aux puissantes murailles de Al-Quods, pour l'instant.

        Ce n'était pas la seule raison pour stopper cette avancée. En effet, 15 000 Vikings venus du royaume de Kiev avaient décidé de terminer ce qu'ils avaient commencé, l'invasion de l'Arménie et de l'Anatolie orientale.



        5 ans auparavant (en 944) les Vikings de Kiev étaient passés par le Don en Crimée avec des centaines de Drakkars pour envahir le Skartvelo (Géorgie orthodoxe), rempart historique contre les hordes du nord Caucase. Les Viks furent, au début du Xe siècle, chassé du Novgorod par les Rurikids, dans le même temps les princes Asatru de Scandinavie se convertissaient un à un à la foi catholique, laissant ainsi les Norses de Russie sans renforts. C'est ainsi que des dizaines de milliers de colons Norses venu de Norvège (avant-dernier bastion viking) s'établirent dans la région morcelée de Kiev et créèrent un puissant royaume Norse en plein milieu des terres slaves, semant le chaos et alimentant tous les pillages, du Danube jusqu'en Sicile !

        Leur chef emblématique, Kjartan Oskyldr (à vos souhaits !), une force de la nature doublée d'un génie (perso cheaté mais par le jeu, pas par votre humble serviteur), établit alors un règne de terreur sans précédent et conquit de Tver jusqu'en Mer Noire. Mais c'est son héritier, le roi Dyre dit "l'étranger" qui lança l'invasion de l'Arménie avec 20 000 hommes. Une fois leur succursale installée dans les montagnes, il était très difficile, que cela soit pour les Géorgiens, les Abbassides ou les Byzantins de les déloger.



        Ivar et sa femme Sabava (avec les couettes) en croisière sur la Mer Noire


        Kallinikos devait fortifier ses positons au Levant face aux musulmans et contrer les pillages incessants des Vikings tout en arrosant d'argent les dissidents politiques (et quelques séjours au cachot aussi). Pour contrer les Vikings, l'empereur créa la Garde Varègue, des Vikings qui étaient en conflit avec le roi de Kiev et à qui l'empereur offrit des terres sur Abydos.


        Publicité "la mer sa vous gagne" sponsorisée par Byzance (à gauche) agrémenté d'un montage Paint niveau CP (à droite). En vrai, leur donner un château permettait de les garder comme mercenaires et vassaux pour éviter que cela soit un autre seigneur qui en profite, mais chut ! C'est un secret...


        Avec la Garde Varègue, l'empereur pouvait facilement contrer les pillages Vikings à moindres frais, ce sont aussi d'excellents guerriers (infanterie lourde) qui constituent une bonne force d'appoints pour les guerres (3500 hommes). Malheureusement pour Kallinikos, il ne verra jamais Jérusalem tomber, il meurt dans son lit à 75 ans laissant le soin à son fils, né dans la pourpre, de déraciner les derniers vikings d'Arménie et de faire tomber la ville d'Al-quods...



        Dans le prochain épisode :

        -la fin des Vikings

        -la prise de Jérusalem

        -à la conquête de l'Afrique du Nord !

        -un point sur la situation géopolitique mondiale
        Dernière modification par GregFR, 14-06-2015, 15h15.

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        • #5
          Byzance est bien partie pour retrouver sa gloire passé

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          • #6
            Salem captum est

            Avant de commencer j'aimerai vous dire que cet épisode étant assez dense j'ai décidé de la divisé en plusieurs parties.





            L'Empereur Egregoros II dit "le séducteur", alors qu'il progressait vers la colline surplombant la ville de Jérusalem entendait le bruit grondant de l'orage, mais il ne pleuvait pas et le ciel était dégagé. Arrivé sur cette fameuse colline, il découvrit que c'est ici qu'avait élu domicile un position d'artillerie commandée par le Grand-Maitre Damianos fondateur de l'Ordre du Saint Sépulcre.


            En effet, l'Empire Byzantin, bien qu'étant orthodoxe avait attiré l'attention de nombreux chevaliers et nobles catholiques de France, d'Italie et d'Espagne lors de la conquête du Levant initiée par Kallinikos Ier "le Juste". Ces chevaliers et hommes en armes désireux de contribuer à la conquête de la terre du Christ, avaient trouvé un interlocuteur en la personne de l'Empereur Byzantin lui même. Le Saint Sépulcre, n'était pas considéré comme un vassal à proprement parlé, mais plutôt d'un invité, un convive, parade juridique pour évité la conversion obligatoire à l'orthodoxie. Les chevaliers restaient donc catholiques mais étaient autorisés à détenir des terres sur le territoire impérial et étaient exemptés d'impôts, à l'exception d'un tribu obligatoire versé lors de tout pillage de terre infidèles.

            C'est donc plus de 1200 chevaliers qui partirent à la conquête de l'Est, l'Empereur leur promettant des terres dans la région de Jérusalem une fois la ville conquise.


            Devant Egregoros II se déroulait un spectacle magnifique et à la fois terrifiant, les lourdes balistes et mangonneaux déversaient des quantités impressionnantes de rocs et de projectiles de toute matière sur les remparts de la ville, le bruit de ceux-ci s'écrasant contre l'épaisse muraille ressemblant à s'y méprendre à la manifestation de Zeus sur Terre. Les Chevaliers de l'Ordre, assis sur leurs chevaux blancs, arborant un fine croix rouge sur une épaisse cape blanche semblaient attendre patiemment l'heure de l'assaut.


            Au loin on pouvait distinguer les immenses tours de siège et les saillantes échelles paradées à quelques centaines de mètres de la muraille, hors de portée des archers musulmans.

            L'Empereur venait tout droit de Constantinople d'où il avait appris la mort de son père à quelques kilomètres de la ville tant convoitée. Mais il n'était pas venu seul, c'est avec 20 000 légionnaires supplémentaires que Egregoros II rejoignit la ligne de front après 15 jours de voyage par terre par mer. Pendant ce voyage, ce sont les 30 000 hommes déjà présents (commandés par feu Kallinikos Ier) qui établirent le siège et le pillage de la région pour affamer la ville de Jérusalem. Et c'est justement le très catholique Damianos qui se chargea du siège en l'absence de l'Empereur.



            Sur son étalon blanc, harnaché de bleu et or, vêtu d'une tunique blanche ornée de motif or, Damianos se retourna et vit le nouvel Empereur s'approcher de lui :

            - "J'ai eu vent de votre venue prochaine chère Empereur, ravi de voir que vous êtes arrivé de jour."

            L'Empereur rétorqua :

            - "Je suis ici pour finir ce que mon père à commencé, j'ai été très surpris d'apprendre qu'un catholique ait réussi à se faire obéir par des soldats orthodoxes. Ceci étant, l'assaut sera donné demain à l'aube, pendant ce temps, ne cessez pas le bombardement de la ville, je ne veux pas qu'ils dorment ce soir."


            Le jeune Empereur Egregoros II le Séducteur



            Dans la nuit, une brèche fut ouverte par l'artillerie dans les murs, et au petit matin ce sont près de 40 000 soldats que s'élancèrent à l'assaut de la ville, le bélier enfonça la porte principale de la ville, les remparts furent le théâtre d'intenses combats toute la journée tandis que les chevaliers du Saint-Sépulcre accompagnés des cataphractes s’engouffrèrent dans la brèche.




            À leur stupéfaction, le nombre de gardes dans la ville était dérisoire et la ville presque désertée par ses habitants. Deux jours plus tard, des soldats byzantins découvrirent des galeries menant à l'extérieur de la ville via des grottes dissimulées par divers artifices d'une ingéniosité stupéfiante. Les Ayyoubides avaient abandonné la ville en laissant une force d'apparat sur les murailles. Le lendemain, l'Empereur apprit qu'une armée gigantesque marchait sur Jérusalem commandée par le Calife Abdullah lui-même.

            Egregoros II fit construire des fortins en bois autour de Jérusalem et établit une ligne défensive en direction du Sud, d'où venait la gigantesque armée des infidèles. C'est en effet plus de 50 000 hommes, qui formaient une épaisse couverture noire à l'horizon qui approchait de la ville.


            Prochain épisode demain.



            L'Empereur Egregoros II (à gauche) galvanisant ses troupes face à l'armée du Calife Abdullah

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            • #7
              Épisode 3 – partie 2




              Alors que les rayons du soleil commençaient à transpercer la cime des collines, que la chaleur commençait à faire fondre les hommes dans leurs armures, l'armée Byzantine était silencieuse, l'on entendait les cris et les chants Arabes au loin, et l'on voyait les étendards virevolter si bien qu'on aurait pu croire qu'il allaient s'envoler dans les airs. Egregoros II demandait à ses archers de se mettre en position lorsqu'un cor retentit à l'horizon, c'était des cavaliers dorés Perses de Banu Saffâr venus prêter main forte aux Arabes sur demande du Calife Abdullah et des autorités religieuses (les deux pays étant sunnites), le soleil se réfléchissant sur leurs armures et éblouissant leurs ennemis. Les cavaliers dorés n'étaient pas seuls, ils étaient accompagnés de cavaliers légers en tunique pourpre et cyan et d'une force à pied composée d'infanterie polyvalente, portant une armure légère, un sabre et un arc oriental.

              Au 50 000 arabes venaient s'ajouter les 20 000 Perses, les deux alliés de fortune se rencontrèrent dans un hurlement de joie qui avait fait sursauter la plupart des soldats impériaux. 40 000 hommes face à 70 000, c'est l'unique chose à laquelle l'Empereur arrivait à penser pendant de longues minutes. Qu'est-ce que aurait fait son père ? Egregoros le séducteur, plus connu pour ses tours de passe passe politiques que pour son génie militaire, il avait été bien formé mais il restait un guerrier malavisé et le bonheur de la victoire quelques jours auparavant avait laissé place à l'inquiétude de perdre tout ce dont pourquoi sa dynastie s'est battue.


              Les Byzantins s'étaient positionnés en arc de cercle, couvrant la moitié de la muraille de Jérusalem, les fortins, au nombre de 6 construits par les soldats abritaient des archers et des mangonneaux de siège, à l'intérieur de la ville, les ingénieurs avaient trouvé le moyen de démonter les balistes et de les réinstaller sur les épaisses murailles, de cette façon, elles pourront servir lorsque les musulmans arriveront au contact des soldats impériaux.

              Arrivés à quelques centaines de mètres des Byzantins, Egregoros pu apercevoir la garde du Calife et Abdullah lui-même parmi ses hommes. Des portes-drapeaux et panneaux s'éparpillèrent parmi l'armée titanesque, probablement pour donner les ordres. Avant le début de la bataille, l'on entendait plus que le vent, le bruit de sable venant s'écraser sur les armures et quelques cris d'artilleurs préparant les pierres et les balistes. D'un coup, des étendards rouges furent brandit par l'armée du Calife et c'est une marée humaine qui s'élança vers les byzantins, puis des étendards cyan, et une pluie de flèches vint assombrir le ciel, les grands boucliers des tagmas byzantins permirent d'arrêter la plupart des projectiles tandis que l'armée musulmane faisait trembler le sol dans leur course effrénée vers les légionnaires.

              C'est après quelques tirs d'archers que le cor perse retentit et les cavaliers dorés ainsi que les hommes à pied s'élancèrent vers les lignes impériales. Essayant de prendre l'armée de flan, les fortins obligèrent les cavaliers dorés à se rabattre sur l'infanterie légère byzantine, à une cinquantaine de mètres de l'impact, l'Empereur cria : "Aichmḗ !", les soldats byzantins prirent, dissimulées dans le sable, les lances des cataphractes réquisitionnées pour l'occasion et les brandirent en direction de la charge Perse.

              L'impact fut terrible, un bruit indescriptible, un mélange de tonnerre et de craquement d'os à faire frémir n'importe quel homme. Certaines lances explosèrent, les autres servirent de pals pour les cavaliers dorés qui furent obligés de faire retraite. Coincés entre deux fortins et les lanciers byzantins qui avançaient sur eux, les cavaliers perses, dans leur retraite subirent de lourdes pertes.

              Ce fut au tour de l'infanterie perse d'arriver au contact des lances et des fortins, les combats furent terribles et les pertes considérables de deux côtés, mais les balistes postées sur les murailles permirent aux byzantins de repousser la première vague Perse.


              Un soldat Byzantin (à droite combattant un garde lourd Perse (à gauche) près d'un fort impérial



              Soldats perses se heurtant au mur de lances byzantin


              Tous les légionnaires et les cataphractes byzantins étaient donc face à l'armée Ayyoubides qui approchait à grands pas. Malgré les forts installés, les tirs d'artillerie et la combativité des soldats de l'Empire, les vagues musulmanes ne cessaient de venir tester les lignes orthodoxes qui s'effritaient au fur et à mesure que les corps s'empilaient de chaque côté. Un répit, cependant, intervint lorsque Hierotheos, le commandant des cataphractes et proche parent de l'Empereur mena une charge sur le flanc de l'armée Ayyoubides aux prises avec les légionnaires, les 7 000 cataphractes infligèrent des dégâts considérables parmi l'infanterie légère ennemie, ce qui obligea le Calife à rappeler ses hommes pour se regrouper.

              Après 8 heures de combats, le bilan était lourd des deux côtés, 20 000 musulmans avaient été mit hors de combat, du côté byzantin, l'infanterie légère avait souffert face aux Perses et les tirs de flèche constants avaient mit à mal l'organisation de l'armée impériale, 8 000 hommes étaient morts ou blessés. Alors que le Calife s'apprêtait à relancer un assaut conjoint avec ses alliés, un cri venant de la mer ébranla l'enthousiasme des musulmans. En effet, la nouvelle de la prise de Jérusalem s'était propagée dans l'Empire et le cousin de l'Empereur, Belisarios riche armateur et amiral de la flotte byzantine, était arrivée avec des centaines de navires à balistes, de transport et lance-flammes, à son bord, 30 000 hommes, des conscrits venus de Grèce, de Sicile et de Dalmatie.Egregoros II ordonna à tous ses hommes de se regrouper et de marcher vers l'armée du Calife et de ses alliés. Rapidement, les navires byzantins accostèrent sur le flanc de l'armée du Calife. Couvert par des tirs de baliste et de flèches, les hommes de l'amiral Belisarios purent débarquer, et rapidement un combat féroce s'engagea sur les côtes.



              L'Empereur avait rejoint les cataphractes avec sa garde pourpre et tandis que les légionnaires étaient aux prises avec les musulmans, il décida de transpercer les lignes ennemies pour foncer droit vers la garde du Calife. Avec une formation en pointe de flèche, les cavaliers lourds byzantins parvinrent à se frayer un passage dans les lignes Ayyoubides et c'est là que Egregoros II vit le Calife Abdullah. Les deux hommes se regardèrent droit dans les yeux et Abdullah demanda une lance à son garde.

              Tandis que les deux forces de cavaleries combattaient, les deux empereurs, après un combat à cheval acharné, se retrouvèrent au sol et croisèrent le fer. Egregoros, comme la plupart des Martinakios, était grand, mais il était aussi ambidextre, Egregoros sortit une dague et la planta dans le flanc gauche du Calife. Dans un cri de rage, Abdullah repoussa l'Empereur d'un coup de pied. Egregoros y retourna de plus belle et esquiva un puissant coup de sabre adverse. Se retrouvant en position favorable, le byzantin donna un coup d'épée au Calife et lui coupa la main portant le sabre.

              Abdullah tomba à terre et Egregoros hurlant de rage brandie la main du Calife. Les combats cessèrent peu après et le calife fut relâché après avoir signé une paix douloureuse.



              L'armée Byzantine célébrant la victoire au bord de la Méditérannée


              Désormais, l'Empereur Byzantin tournait les yeux vers le Sinaï, le Caire et Alexandrie, mais bientôt, il eut vent d'incursions Vikings qui nécessitaient une intervention immédiate, il fallait se débarrasser une bonne fois pour toutes de ses barbares.


              La suite dans la prochaine partie.

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              • #8
                Épisode 3 - partie 3 :

                Mutatis Mutandis




                Egregoros II avait 65 ans, le "séducteur" était de devenu "le sage", le poids des ans se faisait de plus en plus lourd, régulièrement malade depuis sa campagne au Levant, il comptait les jours qui lui restait. Alors qu'il se se levait péniblement de sa couche pour aller à sa table de chambre, il sentait ses os craquer au niveau des hanches et ses genoux grinçaient comme une vieille porte. Dans un grognement de vieux loup, il s’assied sur sa chaise, prit une page de manuscrit, trempa sa plume dans l'encre et se mit à écrire :


                "Heraklios, mon fils,

                Quand tu liras cette lettre, j'aurai rejoins notre Seigneur aux cieux et tu seras l'homme le plus puissant du monde connu. Je sais que tu seras à la hauteur d'Egregoros Ier le Grand, que tu continueras ce qu'il à commencé, apporte la lumière jusqu'aux confins du monde, délivre le du mal qui le ronge et qui le maintient dans l'obscurité. Si aujourd'hui notre puissance est grande, la volonté de nos ennemis pour nous détruire l'est aussi. Je ne parle pas seulement des Musulmans ou de ces barbares d'Asatru, mais aussi des serpents qui se disent tes amis et qui travaillent, en secret, à ta perte.

                Sache une chose mon fils, le pouvoir est une longue marche solitaire au sein d'une forêt peuplée d'archers et d'assassins, méfies-toi des personnes qui ne cessent d'acquiescer à tes remarques, qui sont les premiers à approuver un décision avant même d'en avoir compris le sens. J'aurais tant voulu passer plus de temps avec ma famille qu'à guerroyer dans de lointaines contrées mais c'était une manière de repousser le danger de vous. Car sache une chose, si la guerre est dangereuse, la paix elle, n'est jamais facile.

                Souviens toi que la paix n'est jamais qu'une période éphémère entre deux guerres, ne crois jamais que tu es débarrassé de tes ennemis, que tu n'as que des amis. Ton pouvoir sera convoité, il sera jalousé et au final, il te sera contesté. Mon fils, soit impitoyable avec les traîtres, soit miséricordieux avec tes ennemis, soit raisonnable avec tes soldats, et soit soucieux de tes enfants, éduques-les bien.

                Si tu ne pars pas à la conquête de la paix, c'est elle qui te prendras des territoires, la prise de Jérusalem était importante mais ce n'est que le début du chemin, tu devras continuer ce que j'ai commencé en terre Égyptienne, la conquête des lieux Saints est une priorité, c'est notre Salut. Mettre un terme aux incursions des Vikings est aussi un travail important que j'ai débuté et dont je te transmet la charge, ce sont de redoutables guerriers, recrutes ceux qui se convertissent dans la Garde Varègue, tues tout les autres.


                Mon fils, tu es le seigneur des seigneurs, le roi des rois, l'empereur des empereurs, tu es le Basileus."



                Le roi slave Rurik III de Novgorod rassemblant son armée dans un marais avant son combat contre le roi asatru Dyre de Kiev



                Dans les lointaines contrées de Rus' allait se jouer un évènement majeur qui allait changer la face du monde, ou plutôt, qui allait le clôturer. En effet, les Vikings de Kiev était les derniers adorateurs des Dieux nordiques, les Scandinaves et les nordiques d'Angleterre ayant abandonné leurs idoles pour le catholicisme, ils étaient les derniers représentants d'une civilisation qui a terrifié le monde entier.

                Alors que ces derniers ne cessaient d’agrandir leur domaine en territoire Rus', profitant de la division des slaves, un noble du petit territoire de Novgorod réussi en 20 ans à rassembler les peuples du nord pour combattre les asatru. Après l'échec de l'implantation des Vikings en Géorgie et en Anatolie, le pouvoir de Dyre de Kiev était devenu fragile, il dû battre en combat singulier plusieurs prétendants qui pensaient pouvoir faire mieux que lui.

                La bataille de Minsk allait décider du sort des Vikings, soit ils sortaient vainqueur et Dyre pourrait continuer son expansion chez les slaves et consolider sa foi, soit il perdait tout.

                Les deux royaumes se disputant l'hégémonie territoriale et religieuse en Russie.




                Les Asatru (étendard blanc avec un corbeau), chargeant les lignes slaves à Minsk


                Lors de la bataille, Dyre fut tué en combat singulier par le bretteur du roi Rurik III, Afanasiy de Terebovl. Et la bataille fut remportée par les Novgorodiens qui obligèrent les Nordiques à se convertir et tuèrent les autres.

                L'Empereur Byzantin Heraklios en profita pour envoyer la Garde Varègue ainsi qu'une Tagma (légion), envahir les côtes de Crimée et du Dniepr.


                La Garde Varègue (à droite) résistant à une charge de cavalerie le long du Dniepr





                Cette petite partie vient conclure l'épisode 3 assez riche en évènements, on reprends le volume normal à partir de l'épisode 4.


                Dans l'épisode 4 :

                -les conquêtes en Afrique du Nord

                -la fin de l'Empire Arabe

                -Les conflits de l'Eglise Chrétienne
                Dernière modification par GregFR, 25-07-2015, 15h33.

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                • #9
                  Teneo te Africa !

                  "De tout les royaumes que j'ai conquis, de tout les empires que j'ai soumis, les contrées d'Afrique sont celles qui m'ont prouvé qu'il existait autrefois un paradis terrestre." Journal de l'Empereur Heraklios, lors de son entrée en Égypte en 1015.



                  Après la conquête du Levant et la mise en place d'Exarchats (vice-royautés) à Antioche et Jérusalem, Heraklios voulait s'emparer de la ville d'Alexandrie qui lui apporterait du prestige supplémentaire auprès des chrétiens, mais aussi la possession d'un port qui lui assurerait l'hégémonie navale et commerciale à l'Est de la méditerranée.

                  Le sultanat de Yahid, dirigé par Yahya Yahid, contrôlait toute la région égyptienne et une partie de la Libye. Lors de la guerre sainte pour Jérusalem, le sultanat était resté neutre. En effet, bien qu'étant sunnite, les Yahid avaient toujours détesté les Ayyoubides, en témoigne les guerres fréquentes qui opposaient les deux Califes. Bien qu'étant sultanat, les Yahid se sont toujours autoproclamé "Calife", nous disions auparavant que deux Empires de la même religion ne pouvaient pas cohabiter, cela s'est encore une fois vérifié.

                  Les Égyptiens voyant que les Ayyoubides étaient vaincus, et c'étaient replié en Irak et autour de la Mecque, en ont profité pour revendiquer le Califat arabe, une situation qui poussa l'Empereur Byzantin à prendre des mesures pour mettre définitivement un terme aux prétentions musulmanes sur les terres saintes du Levant et d’Égypte.

                  Fier de sa victoire à Jérusalem, Heraklios rentra en terre du Sinaï en 1013, avec un armée forte de 40 000 hommes, mais il découvrit un autre ennemi, une armée invincible, invisible, meurtrière et sans pitié : le désert.

                  Les Yahidis avaient abandonné le Sinaï et empoisonné les puits, après une semaine de marche à travers le désert, l'armée byzantine avait perdu près de 10 000 hommes, le reste de l'armée était démoralisé, fatiguée et malade. Ce fut une terrible désillusion pour l'Empereur qui fut obligé de faire demi-tour. Il n'avait jamais goûté à la défaite auparavant, et elle lui avait laissé une désagréable impression d'amertume dans la bouche.



                  L'armée impériale byzantine lors de la "retraite du désert" en 1013.

                  Mais comme le disait Egregoros Ier le Grand : "La guerre est une opportunité, la défaite est instructive, la victoire est un banquet". Heraklios, toujours conseillé par son cousin, de 15 ans son aîné, l'amiral Belisarios eut une idée qui allait révolutionner la tactique de la guerre : effectuer un débarquement massif directement sur Alexandrie ainsi que sur toute la côte égyptienne. Malheureusement, la flotte n'était pas prête, et il fallait construire bien plus de navires, l'empereur avait donné ses directives : "D'ici deux années, je veux que ma flotte puisse accueillir 100 000 hommes !".

                  Des villes portuaires ont poussé comme des champignons en Anatolie, les chantiers navals ont été agrandis et évidemment, le nombre de bateaux a considérablement augmenté. À l'automne 1014, la flotte byzantine pouvait accueillir 80 000 hommes.

                  Suffisant pour l'Empereur qui avait décidé d'attaquer par mer et terre, l'objectif était de débarquer des troupes sur Alexandrie et une armée qui s'arrêterait aux abords du Caire pour se rabattre sur Alexandrie prêter main forte aux hommes déjà sur place.

                  Il faudrait donc deux voyages pour transporter la totalité de l'armée byzantine (90 000 hommes en 1015). Au printemps 1015, c'est donc 80 000 hommes qui embarquèrent pour envahir les côtes égyptiennes. Certains des conseillers d'Heraklios pensaient que c'était un plan trop risqué, à ceux-ci, il leur rétorqua : "Quel roi pourrait si bien défendre ses côtes avec une armée permanente qu'il pourrait repousser des dizaines de milliers d'hommes débarquant d'une flotte armée."

                  On raconte que lors du printemps et de l'été 1015, les eaux de la méditerranée étaient devenues noires, que l'horizon couvrit les couchers de soleil et que, venant des profondeurs de la mer, une armée de démons habillés de pourpre, de bleu et de gris, détruisirent un Califat en moins d'une année. Mais ceci n'est qu'une légende n'est-ce pas ?

                  L'armée byzantine ravagea les côtes de l'Egypte, se saisissant de tous les vivres, richesses et prisonniers qu'ils trouvèrent sur leur chemin. L'armée Yahid, prise au piège dans la ville d'Alexandrie, livra un combat acharné, mais le blocus et le siège de la ville ne permettait pas à 15 000 hommes en arme de défendre correctement la cité.


                  Les Byzantins, accompagnés par l'Ordre du Saint Sépulcre, à l'assaut des murs d'Alexandrie.

                  Le Calife auto-proclamé, Yahid, fut capturé et dû abandonner les côtes égyptiennes ainsi que la ville d'Alexandrie, et fut libéré contre une énorme somme d'argent, à son retour de captivité, le sultan subit une terrible rébellion qui morcela le pays et lui coûta la vie.Heraklios, 5 ans plus tard, créa l'Exarchat de Misr (Egypte) avec à sa tête, la famille des Myre, une dynastie grecque présente depuis l'antiquité et servant d'ancrage politique crédible. Par ce biais, l'Empereur espérait avoir plus de stabilité dans cette région, avec une porte de sortie tout de même. L'Exarchat de Misr était une vice-royauté qui n'était pas héréditaire, mais qui comme les autres, était confiée à un noble par l'Empereur, mais il était convenu que les Myre avaient la priorité sur les autres, une nuance qui avait toute son importance, l'Empereur pouvant décider légalement de ne pas renouveler le contrat.

                  Avec la capture d'Alexandrie, les raids des pirates avaient considérablement diminués dans cette région mais la Sicile elle était en proie à de nombreux raids de la part des Tunisiens, c'est pourquoi, Heraklios ordonna de lever une expédition sur Tunis en 1022. C'était en fait une croisade, la première croisade orthodoxe depuis celle contre les Omeyyades au XVIIIe siècle. En effet, si les autres guerres mobilisaient l'armée impériale, cette expédition exhortait les volontaires nobles et leurs vassaux à partir à la conquête de Tunis, une armée de volontaires, motivée par des promesses de Paradis et d'acquisition territoriale pour les plus courageux d'entre eux.

                  C'est ainsi que 10 000 hommes, venant du Levant et de Sicile assiégèrent la cité de Tunis en 1023. La tactique du débarquement massif et du bombardement côtier avait démontré son potentiel en Egypte, et ce fut la confirmation à Tunis, où les croisés se saisirent de la côte tunisienne au nom de l'Empire Byzantin. Heraklios était à Constantinople et éduquait ses enfants, comme son père lui avait conseillé de faire.


                  L'Exarque de Jérusalem combattant avec ses cataphractes, les soldats tunisiens.


                  Mais toutes les bonnes choses ont une fin, comme un signe du destin, Heraklios fêta les 17 ans de son fils Romanos juste avant de mourir dans son sommeil quelques mois plus tard. Il avait eu une vie bien remplie et ses prouesses militaires serviront d'exemple pour tous les tacticiens à naître.

                  Le jeune Empereur récupérait donc un empire en pleine forme, et bien qu'il fût inexpérimenté sur le champ de bataille, il s'est très vite révélé un brillant stratège.

                  Romanos n'avait pas vraiment le regard tourné vers le monde musulman, il était plus pré occupé par les différents problèmes de l'Église Chrétienne. Il passait de longues heures à écouter les ecclésiastiques et pèlerins de retour de Rome et les commerçants de Francie occidentale et orientale. Il avait appris que le roi Clothaire de Francie occidentale avait fait vœu de pauvreté, et qu'il suivait la voie des prêcheurs vaudois, considérés comme des hérétiques par Rome, qui voyait d'un mauvais œil le fait que des laïcs puissent prétendre à dispenser le savoir catholique parmi la population.

                  Il ne faudra pas longtemps pour que la Francie vaudoise rentre en conflit avec la très catholique Lombardie, puissant royaume, protecteur de Rome et combattant en Hispanie contre le Sultanat Al-Umawiyyun.

                  Si Romanos n'était qu'observateur et relativement pacifiste dans l'âme, un coup du destin l'obligea à intervenir, le roi de Bourgogne pris au piège entre la Francie occidentale et la Lombardie, demanda la protection de l'Empire Byzantin ! Romanos accepta à la condition qu'il se convertisse à la confession orthodoxe. De manière fortuite, les Byzantins se retrouvèrent au milieu de ce conflit.

                  La Mort, seule victorieuse après la bataille de Vivarès, dans le sud de la France.


                  Pendant ce temps, coup de tonnerre dans le monde musulman, après de terribles révoltes, le califat des Ayyoubides laissa sa place aux Abbassides qui perdirent eux aussi de nombreux territoires, notamment en Irak et en Perse, provoquant la destruction du titre de Califat !

                  Les Abbassides n'étaient plus que des sultans, et les Yahid avaient été éradiqués, l'objectif d'Heraklios s'est donc réalisé peu de temps après sa mort.


                  Qu'allait donc faire Romanos ? Prendre partie pour la Francie Occidentale ? Se rallier à Rome ? Ce qui est sûr, c'est que l'Empire Byzantin n'en a pas finit de ré-écrire l'histoire.


                  Dans le prochain épisode, le cinquième et le dernier..... de la saison 1 :

                  -Ce sera une surprise !

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                  • #10
                    "C'était en fait une croisade, la première croisade orthodoxe depuis celle contre les Omeyyades au XVIIIe siècle."

                    Petite erreur, il me semble.

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                    • #11
                      Bonjour,

                      Ce n'est pas une erreur, il n'y a pas eu de croisades orthodoxes, ces récits sont a-historiques et basés sur une partie de Crusader kings 2. J'ai décidé d'y ajouter une référence (volontairement) inventée pour expliquer l'action de l'Empereur dans le jeu. J'ai donc fait un raccourci (grossier certes) pour pouvoir incorporer les croisades mais cette fois ci du côté orthodoxe (puisque dans ma partie, l'Empire Byzantin n'a pas besoin d'aide de la part des autres chrétiens contre les Seljuks ou d'autres musulmans). Ce n'était pas clair ni bien expliqué de ma part et je m'en excuse.

                      J'en profiterai par la suite pour expliciter ce point des "croisades orthodoxes".

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                      • #12
                        J'avais compris, je voulais parler du XVIIIème siècle.

                        Sinon, je t'encourage à continuer, j'aime beaucoup ton récit.
                        Dernière modification par Quâng Tinh, 04-08-2015, 18h15.

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                        • #13
                          Haha oui effectivement je voulais dire VIIIe siècle quel idiot ! Je n'ai pas compris ce que tu voulais dire 2 fois... En tout cas merci beaucoup !

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                          • #14
                            Excellent AAR

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                            • #15
                              Les lecteurs attendent la suite avec impatience !!

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